Djibouti : 1) information sur les événements de Balbala, au cours desquels des Gadaboursis ont été massacrés;

Djibouti : 1) information sur les événements de Balbala, au cours desquels des Gadaboursis ont été massacrés;

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Djibouti : 1) information sur les événements de Balbala, au cours desquels des Gadaboursis ont été massacrés; 2) information sur la situation actuelle des Gadaboursis face au gouvernement djiboutien

 

 

 

1) En avril et mai 1989, des affrontements tribaux violents faisant plusieurs morts ont opposé les Gadaboursis aux Issas et aux Issaqs à Djibouti (AFP 24 oct. 1989; Lettre de l’Océan Indien 27 mai 1989, 6). La plupart des personnes tuées lors de ces émeutes, surtout à l’arme blanche, étaient des Gadaboursis (Africa Confidential 26 mai 1989; AFP 20 avr. 1989). Ces affrontements étaient en partie reliés aux conflits qui se déroulent dans le Nord de la Somalie (ibid.; Lettre de l’Océan Indien 27 mai 1989, 6). A la suite des émeutes de Balbala, de nombreux Gadaboursis ont fui le pays car ils ne pouvaient compter sur la protection de la police djiboutienne qui, par sa passivité, affiche une « attitude jugée favorable aux Issas » (ibid.). De plus, près de 600 Gadaboursis ont été arrêtés et quelques 300 d’entre eux ont été expulsés de la République de Djibouti (Lettre de l’Océan Indien 29 avril 1989, 5). Plus tôt dans l’année, les forces de l’ordre avaient tué quatre personnes et en avaient arrêté deux cent autres lorsque le gouvernement tentait d’expulser les habitants du bidonville de Balbala, où habitent de nombreux « ressortissants étrangers » (AFP 4 janv. 1989; Le Monde 28 avr. 1989, 5).

2) Depuis l’indépendence djiboutienne, le pouvoir a progressivement été confisqué par le sous-clan Mamassan des Issas, et les autres clans somalis, de même que les Afars, en ont été exclus d’une façon unilatérale (Jeune Afrique 6-12 mars 1991, 18). Les Gadaboursis ont tout de même réussi à arracher une partie du pouvoir économique, surtout dans le commerce entre Djibouti et la Somalie. Cela a provoqué la colère des Issas, colère qui s’est manifestée lors des événements d’avril 1989 (Africa Confidential 26 mai 1989).

A la suite de nouveaux affrontements entre Gadaboursis et Issaqs survenus en octobre 1989, plusieurs cadres gadaboursis ont été « victimes d’une répression sévère » (BBC Summary 26 oct. 1989; Jeune Afrique 6-12 mars 1991, 18). Peu de temps après, les autorités djiboutiennes auraient convoqué une assemblée spéciale dans le but de préserver les intérêts des Issas. Au cours de cette assemblée, il a été question de déloger les négociants afars et gadaboursis du pouvoir économique afin de laisser le champ libre aux Issas (ibid., 19).

Les émeutes de Djibouti s’inscrivent dans le cadre du conflit somalien, au cours duquel les Gadaboursis étaient soupçonnés de collaboration avec le gouvernement de Mohamed Siad Barré pendant que les Issas et les Issaqs se liguaient contre le régime de Mogadiscio (AFP 24 oct. 1989). La région de Zeila au Nord-est de la Somalie, convoitée par les divers clans du Nord, avait été prise par les forces armées somaliennes et la milice gadaboursi somalienne en avril 1990; cet événement, et la lutte pour le contrôle du port de Zeila en général, a réanimé les rivalités claniques à Djibouti (AFP 4 avr. 1990).

En mai 1990, de nouveaux affrontements opposaient des Gadaboursis et des Issas dans le quartier de Balbala (Reuter 7 mai 1990). A la suite de l’explosion survenue au Café de Paris à Djibouti en octobre 1990, plus de 200 membres du clan Gadaboursi ont été arrêtés et torturés par les autorités qui leur imputaient la responsabilité de cet attentat (ibid., 18; Indian Ocean Newsletter15 juin 1991, 5; Amnesty International 6 nov. 1991, 1). Malgré le fait que les autorités judiciaires ont dû finalement réviser la thèse d’un complot gadaboursi dans l’affaire du Café de Paris, les accusations portées contre les Gadaboursis arrêtés en octobre 1990, et relâchés depuis, n’ont pas encore été retirées et aucune compensation n’a été offerte en réparation des tortures subies (ibid., 4). Les autorités djiboutiennes avaient alors accusé l’opposition d’avoir créé une association gadaboursi, le « Mouvement de la jeunesse de Djibouti », dont l’existence n’aurait jamais été prouvée; en 1991, cependant, le gouvernement djiboutien avait bien été obligé d’admettre que les auteurs de l’attentat se trouvaient en éthiopie, « reconnaissant donc implicitement l’innocence des personnes arrêtées initialement dans le cadre de cette enquête » (ibid., 7). Par ailleurs, dix détenus de la prison d’Ambouli, dont deux Gadaboursis de Djibouti, sont morts par suffocation en septembre 1991 (Indian Ocean Newsletter 28 sept. 1991, 4).

Le 1er janvier 1992, un nouveau parti d’opposition gadaboursi, le Mouvement des démocrates djiboutiens (MDD), a été formé, se fixant comme objectif l’instauration de la démocratie à Djibouti (Indian Ocean Newsletter 11 janv. 1992, 3). Un autre mouvement gadaboursi, apparemment armé, le Front des forces démocratiques (FFD), aurait récemment conclu une entente avec le Front pour la restauration de l’unité et de la démocratie (FRUD), le principal opposant armé au régime monopartiste du président Hassan Gouled Aptidon, au pouvoir depuis 1977 (Indian Ocean Newsletter 9 mai 1992, 2). En mars 1992, des opposants gadaboursis ont été arrêtés pour avoir distribué des tracts ou, selon une autre source, pour avoir rencontré un émissaire français (AFP 14 mars 1992). Au cours de leur rencontre avec des représentants de l’Association pour la défense des droits de l’Homme et de la Liberté (ADDHL), qui s’est déroulée dans la prison où elles étaient détenues, ces personnes ont affirmé qu’on leur avait reproché « d’avoir osé rencontrer l’émissaire français, M. Paul Dijoud, lors de sa dernière mission à Djibouti» (ibid.). Dans l’optique de la récente sécession du Somaliland et de l’émergence d’une opposition armée afare à Djibouti, le régime politique djiboutien s’est fragilisé et est devenu plus instable, situation récemment décrite comme « le commencement de la fin » (Jeune Afrique 27 nov.-3 déc. 1991, 18; Indian Ocean Newsletter 16 mai 1992, 1, 2).

Références

Africa Confidential [Londres]. 26 mai 1989. « Somalia: Trade Wars and Power Struggles ».

Agence France Presse (AFP) [Nairobi]. 14 mars 1992. « L’Association djiboutienne des droits de l’Homme accuse la France ». (AGRA)

. 4 avril 1990. « Somalie: Les rebelles du MNS ont repris le contrôle de la frontière avec Djibouti ». (AGRA)

. 24 octobre 1989. « Affrontements entre clans rivaux à Djibouti: une vingtaine de blessés ». (AGRA)

. 20 avril 1989. « Affrontements ethniques à Djibouti: une vingtaine de blessés et 40 arrestations ». (AGRA)

. 4 janvier 1989. « Quatre morts et une centaine de blessés lors d’affrontements dans la banlieue de Djibouti ». (AGRA)

Amnesty International. 6 novembre 1991. Djibouti: Torture et emprisonnement politique. Londres: AI.

BBC Summary of World Broadcasts. 26 octobre 1989. « Jibuti Further Details on 21st October Clashes ». (NEXIS)

The Indian Ocean Newsletter [Paris]. 9 mai 1992. « Djibouti: Hovering Between War and Peace ».

. 11 janvier 1992. « Djibouti: Dissidence Starts to Snowball ».

. 28 septembre 1991. « Djibouti: Prisoners Die Within Prison Walls ».

. 15 juin 1991. « Djibouti: New Clue in the “Café de Paris” Affair ».

Jeune Afrique [Paris]. 27 novembre-3 décembre 1991. « Le commencement de la fin: Djibouti à son tour ».

. 6-12 mars 1991. « Complot fantôme et arrestations à Djibouti: Les partisants du président resserrent les rangs ».

La Lettre de l’Océan Indien [Paris]. 27 mai 1989. « Nouveaux affrontements tribaux ».

. 29 avril 1989. « Arrestations et expulsions ».

. 15 octobre 1989. « Djibouti: un climat très tendu ».

Reuter. 7 mai 1990. « Two Somalis Killed, 23 Injured, in Djibouti Ethnic Clash ». (NEXIS)

Documents annexés

Africa Confidential [Londres]. 26 mai 1989. « Somalia: Trade Wars and Power Struggles ».

Agence France Presse (AFP) [Nairobi]. 14 mars 1992. « L’Association djiboutienne des droits de l’Homme accuse la France ». (AGRA)

. 4 avril 1990. « Somalie: Les rebelles du MNS ont repris le contrôle de la frontière avec Djibouti ». (AGRA)

. 24 octobre 1989. « Affrontements entre clans rivaux à Djibouti: une vingtaine de blessés ». (AGRA)

. 20 avril 1989. « Affrontements ethniques à Djibouti: une vingtaine de blessés et 40 arrestations ». (AGRA)

. 4 janvier 1989. « Quatre morts et une centaine de blessés lors d’affrontements dans la banlieue de Djibouti ». (AGRA)

Amnesty International. 6 novembre 1991. Djibouti: Torture et emprisonnement politique. Londres: AI, p. 1-21.

BBC Summary of World Broadcasts. 26 octobre 1989. «Djibuti: Further Details on 21st October Clashes ». (NEXIS)

The Indian Ocean Newsletter [Paris]. 9 mai 1992. « Djibouti: Hovering Between War and Peace », p. 2.

. 11 janvier 1992. « Djibouti: Dissidence Starts to Snowball », p. 3.

. 28 septembre 1991. «Djibouti: Prisoners Die Within Prison Walls», p. 4.

. 15 juin 1991. « Djibouti: New Clue in the “Café de Paris” Affair », p. 5.

Jeune Afrique [Paris]. 27 novembre-3 décembre 1991. « Le commencement de la fin: Djibouti à son tour », p. 18-19.

. 6-12 mars 1991. « Complot fantôme et arrestations à Djibouti: Les partisants du président resserrent les rangs », p. 18-19. La Lettre de l’Océan Indien [Paris]. 27 mai 1989. « Nouveaux affrontements tribaux », p. 6.

. 29 avril 1989. « Arrestations et expulsions », p. 5.

. 15 octobre 1989. « Djibouti: un climat très tendu », p. 5.

Reuter. 7 mai 1990. « Two Somalis Killed, 23 Injured, in Djibouti Ethnic Clash ». (NEXIS)


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